Crédit Agricole Corporate & Investment Bank
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Crédit Agricole Corporate & Investment Bank est depuis 2010 la banque de financement et d’investissement (BFI) de Crédit Agricole SA, anciennement appelée Calyon.
Le changement de nom en 2010 s'inscrit dans la volonté du Groupe de fédérer l'ensemble de ses métiers autour de la marque Crédit Agricole et de renforcer sa notoriété à l'international.
Calyon est née en 2004, à la suite de l’acquisition en 2003 du Crédit Lyonnais par Crédit Agricole SA, par le rapprochement entre Crédit Agricole Indosuez et la BFI du Crédit Lyonnais.
- Crédit Agricole CIB
- Crédit Lyonnais
- Caisse Nationale de Crédit Agricole
- Crédit Agricole Indosuez
- Indosuez
- Banque de l'Indochine
- Banque de Suez et de l'Union des Mines
- Banque de Suez
- Banque de l'Union des Mines
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Crédit Agricole CIB
- 2004 : création de Calyon par apport de la BFI du Crédit Lyonnais à Crédit Agricole Indosuez : la nouvelle filiale de Crédit Agricole SA prend le nom de Calyon.
- 2005 : création de CASAM (Crédit Agricole Structured Asset Management), filiale de gestion structurée détenue à parts égales en Calyon et CAAM :
- Lancement du plan de développement 2005-2007
- Cession des activités de banque de détail à l'international à Crédit Agricole S.A.
- 2007 : création de Newedge, société regroupant les activités de courtage exercées par la Société Générale et Calyon au sein de leurs filiales respectives Fimat et Calyon Financial.
- 2008 : lancement du plan de recentrage et de développement 2008-2010 pour faire face à la crise financière.
- 2010 : Calyon change de nom et devient Crédit Agricole Corporate & Investment Bank (Crédit Agricole CIB), le 6 février 2010.
Cette nouvelle appellation s'inscrit dans la volonté du Groupe de fédérer ses métiers autour de la marque Crédit Agricole et de renforcer sa notoriété à l'international.
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Crédit Lyonnais
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Caisse Nationale de Crédit Agricole
Les étapes marquantes de l’ouverture du Crédit Agricole à l’international et à la BFI jusqu’en 1996.
1967 : le Crédit Agricole devient un acteur de premier plan du marché monétaire français
A partir de 1967, le Crédit Agricole bénéficie de l’autonomie financière : la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) ancêtre de Crédit Agricole SA, ne transfère plus au Trésor les ressources collectées par les Caisses régionales, mais en a la libre disposition et doit assurer le risque de transformation pour tout le Crédit Agricole. La CNCA peut placer les excédents sur le marché monétaire, dont elle devient un acteur majeur compte tenu de la masse des fonds dont elle a la disponibilité. D’autre part, tout en continuant à bénéficier de la garantie de l’Etat, la CNCA assure seule le service de ses emprunts obligataires, ce qui constitue le début de son expérience d’émetteur en ce domaine.
1967-1971 : premiers financements d’entreprises au Crédit Agricole
Longtemps cantonné au strict financement de l’agriculture par son statut, le Crédit Agricole ne peut financer l’industrie agro-alimentaire, débouché naturel de l’agriculture, qu’en passant par la création de filiales. C’est ce qu’il fait en créant UI (Union d’études et d’investissements) en 1967, pour des prises de participations dans certaines sociétés ; en 1971, est créée Unicrédit, filiale d’UI, banque commerciale inscrite. Il faudra attendre 1979 pour que les Caisses régionales puissent financer les industries agroalimentaires autres que les coopératives.
1975-1979 : premiers développements internationaux du Crédit Agricole
Limité jusque là au territoire national, le Crédit Agricole souhaite se développer à l’international lorsque l’agriculture française devient exportatrice et qu’il faut accompagner ses clients à l’étranger. La CNCA crée un département international en 1975 (qui devient direction en 1978) et certaines Caisses régionales créent des services « affaires internationales ». En 1979, la CNCA ouvre la première succursale étrangère à Chicago, capitale mondiale de l’agro-alimentaire.
1986 : La CNCA devient un acteur important des marchés de capitaux
En 1986, la CNCA obtient son premier chef de filat d’une euro-émission pour compte de la Banque Mondiale. Elle entre également sur le marché des actions. Enfin, cette même année, la banque est agréée comme spécialiste en valeurs du Trésor (SVT) par le Trésor.
Années 1980-90 : le développement international multiforme
Le développement international de Crédit Agricole depuis les années 1980 a revêtu plusieurs formes :
- Ouvertures de bureaux de représentation par la CNCA
- Ouvertures de succursales de la CNCA, notamment New York et Milan en 1983, Londres en 1984, Hong-Kong en 1985 ...
- Accords avec d’autres banques, notamment dans le cadre du club Unico, fondé en 1977
- Prises de participations de la CNCA, dont les premières concernent le Banco Ambrosiano Veneto en 1989 (Italie) et le Banco Espirito Santo au Portugal en 1991
Ce développement ne s’est pas fait sans turbulences et certaines implantations ou activités ont dû être reconsidérées à la fin des années 1980 car non rentables. Le projet de groupe de 1992 assigne alors un projet clairement européen dans le cadre de l’ouverture du marché européen.
1991 : le Crédit Agricole peut financer les grandes entreprises
En 1991, les dernières limitations réglementaires de financement sont supprimées et le Crédit Agricole peut désormais financer les grandes entreprises : il se lance alors à la conquête de parts de marché en rapport avec sa position sur le marché français de la banque de détail.
1996 : acquisition d’Indosuez et formation de Crédit Agricole Indosuez
Voir historique dédié à cette entité.
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Crédit Agricole Indosuez
- En juillet 1996, la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) prend une dimension de premier plan dans la BFI en acquérant 51 % du capital d’Indosuez auprès de la Compagnie de Suez, avec laquelle elle entretenait des relations étroites et anciennes. Puis, en 1997, la CNCA apporte ses activités internationales et de marchés et Unicrédit à sa nouvelle filiale pour constituer Crédit Agricole Indosuez.
Les crises asiatique (1997), puis russe (1998), retardent la montée en puissance de Crédit Agricole Indosuez, qui ne rétablit sa rentabilité qu’en 2000. Cette année voit aussi le succès de l’OPA sur la Compagnie Parisienne de Réescompte (CPR). - En 2001, la filiale Carr Futures est durement atteinte par l’attentat du World Trade Center le 11 septembre.
Après l’acquisition du Crédit Lyonnais par Crédit Agricole SA en 2003, il est décidé de rapprocher Crédit Agricole Indosuez avec la BFI du Crédit Lyonnais, par apport partiel d’actifs de cette banque. Le nouvel ensemble prend le nom de Calyon en 2004 et se positionne alors comme un leader européen.
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Indosuez
Indosuez est née de la fusion de la Banque de l’Indochine et de la Banque de Suez et de l’Union des Mines, toutes deux détenues par la Compagnie financière de Suez. Entre sa formation en 1975 et son acquisition par le Crédit Agricole en 1996, Indosuez s’est profondément transformée, principalement sous l’impulsion de Jack Francès, Michel Caplain, Jean Peyrelevade et Antoine Jeancourt-Galignani. Face à Paribas, elle est devenue l’autre grande banque d’affaires française.
Le réseau international, qui couvrait une vingtaine de pays au départ, s’étendait à près de 60 pays en fin de période, où il commença d’ailleurs à être rationalisé. Parmi les ouvertures remarquables, il faut citer une première présence aux Etats-Unis sous forme de succursale à Chicago en 1976, puis un retour vers les territoires historiques de la Banque de l’Indochine, avec l’ouverture de succursales à Bombay en 1981 et à Shenzhen (Chine) en 1985, où Indosuez était la première banque européenne à s’implanter.
La banque a développé considérablement son activité dans les marchés de capitaux et s’enorgueillit d’avoir ouvert en 1984 la première salle des marchés en France.
Elle a fait des financements complexes d’actifs et de projets une spécialité, en prenant notamment une part importante à de très grands - et problématiques - projets comme Eurotunnel (avec le Crédit Lyonnais) ou EuroDisney (en 1987, avec la BNP).
La gestion privée fit aussi partie des priorités stratégiques et fut développée en France et à l’étranger, notamment en Suisse, au Luxembourg et à Monaco.
Les activités de courtage ont pris de l’ampleur à la suite de l’acquisition des firmes WI Carr (1987) et Cheuvreux de Virieu (participation en 1987, transformée en contrôle en 1990).
Dans la période, la banque fut nationalisée (loi du 11 février 1982) puis privatisée en 1986, en même temps que sa maison mère, la Compagnie de Suez.
Comme beaucoup d’établissements, Indosuez connut des difficultés lors de la crise qui commença avec le déclenchement de la guerre du Golfe en 1991 ; elle dut déplorer des pertes sévères en 1994 du fait d’engagements immobiliers. Délestée de ses créances compromises en 1994 par sa maison mère, elle a été vendue en 1996 au Crédit Agricole.
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La Banque de l'Indochine
La Banque de l’Indochine a été créée en 1875 pour émettre de la monnaie dans les colonies françaises d’Asie, la Cochinchine (Vietnam du Sud) et Pondichéry (Inde). Elle détient un privilège d’émission mais naît de l’initiative de deux banques privées, le Comptoir d’Escompte de Paris (avec la Banque de Paris et des Pays-Bas) et le Crédit Industriel et Commercial, actionnaires auxquelles se joignent ultérieurement la Société Générale, puis le Crédit Lyonnais. La Banque de l’Indochine ouvre une succursale à Saïgon dès 1875 et accompagne l’expansion et les intérêts français, principalement en Asie, en ouvrant d’autres succursales notamment à Hanoï (1886), Phnom-Penh (1890), Hong Kong (1894), Shanghaï (1898), Singapour (1905), Djibouti (1908). Elle prend une part active aux emprunts chinois du début du XXe siècle puis à la mise en valeur de l’Indochine.
La crise des années 1930 freine son expansion mais lui permet de devenir une banque d’affaires grâce à l’acquisition à bon compte de nombreuses sociétés en difficultés. Avec la décolonisation qui suit la seconde guerre mondiale, et l’abandon du privilège d’émission à partir de 1947, la banque doit repenser sa stratégie. Sous l’influence de son directeur général Jean Laurent, elle se redéploie avec succès au Moyen Orient (Arabie Saoudite en 1948, Liban en 1951) et en Afrique du Sud (1949) et est présente à New York à partir de 1947.
Dans les années 1960, elle développe en France son activité de banque d’affaires, de financement du commerce international et crée Locafrance, première société française de crédit-bail (1961), puis Facto France Heller, pour l’affacturage (1964). Ayant dû constater des pertes sur un mauvais engagement en 1970, la BI voit sa situation fragilisée et doit se résoudre, après une bataille boursière, à entrer en 1972 dans le groupe de la Compagnie financière de Suez. En 1975, la Compagnie fusionne la Banque de l’Indochine avec sa propre banque, la Banque de Suez et de l’Union des Mines, pour former Indosuez.
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La Banque de Suez et de l’Union des Mines
Après la fusion en 1966 de l’Union des Mines-La Hénin avec la Banque de Suez, sous le nom de Banque de Suez et de l’Union des Mines (BSUM), Jack Francès dirige le nouvel ensemble. La BSUM, d’abord banque de groupe des Compagnies de Suez ou La Hénin, laisse ensuite aux entités du groupe dédiées (Sofinco, Cogéfimo, Banque la Hénin) les crédits spécialisés à la consommation ou à l’immobilier. Elle essaie de pénétrer davantage la clientèle des entreprises et développe avec succès ses opérations à l’étranger : financement du commerce international, marché des changes, participations aux émissions internationales, activités via des filiales comme à Londres, au Luxembourg ou en Italie. L’entrée de la Banque de l’Indochine dans le groupe Suez en 1972 va permettre le rapprochement entre les deux banques en 1975, sous le nom d’Indosuez.
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La Banque de Suez
La Banque de Suez a été créée en 1959 par la Compagnie financière de Suez, elle-même créée en 1958 pour remplacer la Compagnie universelle du Canal de Suez, qui avait perdu sa raison d’être après la nationalisation du Canal de Suez par le Président Nasser en 1956. Grâce à l’indemnité de nationalisation, la Compagnie put constituer un robuste groupe financier aux multiples participations ; la Banque de Suez est au départ un établissement modeste au service de ce groupe, mais, notamment du fait de ses réserves de devises, devient une banque commerciale.
En 1966, la Banque de Suez est mariée avec l’Union des Mines-La Hénin, banque dans laquelle la Compagnie financière de Suez avait une participation, pour former la BSUM, Banque de Suez et de l’Union des Mines.
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La Banque de l'Union des Mines-La Hénin
La Banque de l’Union des Mines-La Hénin est constituée en 1963 à partir d’un ensemble d’établissements de traditions diverses. La Banque de l’Union des Mines avait été crée en 1923 par les houillères françaises, comme une sorte de banque coopérative visant à renforcer leur autonomie financière. Dotée d’un carnet d’adresses prestigieux, elle avait développé quelques filiales en France et à l’étranger et pris un certain nombre de participations y compris dans des entreprises des secteurs métallurgique, de la potasse ou de l’électricité.
Elle fusionna en 1963 avec la Banque Générale Industrielle-La Hénin, que dirigeait le créatif Jack Francès. La Banque Générale Industrielle, fondée en 1949, à partir de filiales ou d’actifs non nationalisés de sociétés de charbonnages, fusionna en 1952 avec d’autres sociétés liées aux houillères pour donner la BGI-La Hénin : c’est notamment la BGI qui, avec la Fédération de l’ameublement et la compagnie d’assurances la Fortune, créa en 1951 la société de crédit à la consommation Sofinco, aujourd’hui dans le Groupe Crédit Agricole.
La Banque de l’Union des Mines – La Hénin accrut sa notoriété par une politique de niches et de financements spécialisés, invitant les grands établissements de la place au tour de table lorsqu’il fallait lever des fonds. Elle fusionna en 1966 avec la Banque de Suez pour former la Banque de Suez et de l'Union des Mines (BSUM).