Quelques figures de LCL
Henri Germain (1824-1905)
Fondateur du Crédit Lyonnais, qu’il préside pendant 42 ans, Henri Germain a eu, de son vivant, le rare privilège de voir sa banque passer du rang de banque locale à celui de premier établissement mondial. Issu du milieu soyeux lyonnais, Germain fonde le Crédit Lyonnais à Lyon en 1863 avec des associés souvent saint-simoniens, pour développer l’économie locale. Quelques mauvaises expériences de commandites d’entreprises le détournent des prises de participations : son génie est alors d’établir et de faire respecter une doctrine de la liquidité dans la banque de dépôts à une époque où les banques restent fragiles. Il développe également l’organisation industrielle du Crédit Lyonnais et en fait, grâce à un réseau étendu, un établissement incontournable pour le placement des titres. Le service des études financières qu’il crée en 1871, alors unique, est sa fierté. Henri Germain a aussi exercé des mandats politiques : plusieurs fois député de l’Ain, républicain modéré, ses interventions en faveur de l’orthodoxie des finances publiques étaient redoutées de ses adversaires.
Léon Verdier (1872-1947)
Né en 1872, Léon Verdier entre à 13 ans au Crédit Lyonnais comme auxiliaire au service du portefeuille du siège central. Ses qualités et son application lui font gravir les échelons de la carrière d’employé et de cadre : il devient Directeur de la Direction de la Haute banque au siège central en 1923. C’est un cambiste tellement réputé qu’au moment de la stabilisation du franc en 1926, le Gouverneur de la Banque de France, Emile Moreau, demande au président du Crédit Lyonnais de le détacher à la Banque de France pour y organiser un service des changes. Pendant quelques mois, tout en continuant à travailler au Crédit Lyonnais, Léon Verdier organise les changes de la Banque de France et suggère les stratégies nécessaires pour la défense du franc. Comblé d’éloges par le Gouverneur, Verdier revient au Crédit Lyonnais dont il devient Directeur de la Haute banque et des agences étrangères de 1935 à sa retraite en 1942.
Edouard Escarra (1880-1973)
Né en 1880, docteur en droit (économie politique), Edouard Escarra amorce une carrière universitaire avant d’entrer au Crédit Lyonnais, au prestigieux service des Etudes financières où il a fait un stage. Il se fait remarquer en travaillant sur d’épineux dossiers comme celui du contentieux des agences russes après la Révolution d’octobre. Son calme lors de la grève de 1925 le fait nommer Secrétaire Général et, dans la foulée, Directeur Général en 1926. Il est l’artisan du redressement du Crédit Lyonnais éprouvé par la guerre de 1914-18 et la perte d’agences étrangères, grâce à une politique d’ouvertures d’agences légères et de crédits plus hardis. Il tient la barre de la banque pendant la seconde guerre mondiale puis est nommé Président en 1949 (la banque est nationalisée depuis 1945) et le reste jusqu’en 1955. Très attaché au dialogue social et à la formation permanente, il est un des fondateurs du CESB en 1942 et a présidé la Commission paritaire des banques de 1945 à 1955.
Maurice Schlogel (1909-1998)
Issu d’un milieu modeste, Maurice Schlogel entre à 15 ans au Crédit Lyonnais : grâce à la formation professionnelle, il gravit rapidement les échelons pour devenir le plus jeune chef d’agence en 1936. Son parcours l’amène à la direction de l’agence centrale de Paris, en 1952, où il donne libre cours à sa créativité et à son sens de l’organisation. Il est à l’origine ou associé à de nombreuses nouveautés : création du premier service de gestion de fortune en 1952, introduction du crédit personnel en 1959, création de la première Sicav française (Slivam) en 1959, expérimentation de la « banque assise », création d’une filiale de private equity (Sofinex) en 1963. Directeur général adjoint en 1962, il organise le secteur des émissions internationales de capital et forme le club des Europartenaires (avec la Commerzbank et le Banco di Roma) en 1970. Il est nommé Directeur Général en 1968, puis Administrateur Directeur Général en 1970. Cette année là, le gouvernement lui confie la création et la présidence de l’Institut de développement industriel. Redevable à la formation professionnelle et passionné par ce sujet, il publie des ouvrages classiques sur les relations bancaires internationales et continue à professer au CNAM lorsqu’il quitte la banque en 1976.