De Las Cases à Jean Jaurès
L'histoire des sièges de Crédit Agricole S.A. s'inscrit dans le contexte plus large du développement institutionnel du Crédit agricole et de l'extension de ses activités. Elle est aussi indissociable de l'histoire du personnel. Il s'agit d'évoquer des lieux en se remémorant les hommes et les femmes qui ont su insuffler cet esprit qui anime encore le Groupe aujourd'hui.
L’exposition que nous vous proposons est conçue selon un déroulement chronologique articulé autour de 4 périodes.
Sommaire
- Premières adresses
- L'aventure des deux pôles : Paris et SQY
- De la mutualisation à Crédit Agricole S.A.
- L'installation à Evergreen
1 - Premières adresses
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Les débuts dans 12 mètres carrés
Naissance d'un acteur clé du développement agricole
La coopération et le mutualisme pour fondation
Le Crédit agricole s’est progressivement édifié comme une "pyramide". À l’origine, on trouve des hommes engagés tels Jules Méline et Albert Viger, promoteurs des deux lois fondatrices ; celle qui en 1894 institua les Caisses locales puis la loi de 1899 qui créa les Caisses régionales.
Ainsi, c’est sur un modèle coopératif et mutualiste qu’a été fondée l’organisation du Crédit agricole, à l’opposé du souhait initial de Jean Jaurès de créer un établissement central et étatique.
Jules Méline (1838-1925)
Député, puis sénateur des Vosges pendant près de cinquante ans,
président du conseil pendant deux ans, plusieurs fois ministres,
Jules Méline a profondément marqué la vie politique de la IIIème
République. Conscient de la nécessité de moderniser l’agriculture
française, il contribue à la naissance du Crédit agricole.
Albert Viger (1843-1926)
Sept fois ministre, député puis sénateur du Loiret, Albert Viger
est l’un des promoteurs de deux lois fondatrices du Crédit agricole,
celle de 1894 sur les Caisses locales et, en tant que ministre de
l’Agriculture, celle de 1899 sur les Caisses régionales.
Les premiers pas de l’échelon national
Deux instances du ministère de l’Agriculture gouvernent alors le Crédit agricole : la Commission de répartition des avances aux Caisses régionales et le service du Crédit, de la coopération et de la mutualité agricoles, dirigé par Pierre Decharme puis Louis Tardy dès 1919.
Mais en créant un établissement public unique : l’Office national du Crédit agricole (ONCA), la loi du 5 août 1920, affranchit celui-ci des lourdeurs de ce fonctionnement bicéphale et lui donne la capacité d’animer le déploiement des échelons locaux et régionaux de droit privé.
Pierre Decharme (1876-1962)
Chef du service du Crédit, de la coopération et de la mutualité
agricoles qu’il dirige de 1904 à 1919 au ministère de l'Agriculture.
Il fut de fait le premier « directeur » du Crédit agricole avant la création
de l’Office national en 1920. Vers 1905-1910.
Louis Tardy (1875-1961)
Louis Tardy a pris pendant soixante ans une part prépondérante
aux évolutions du Crédit agricole. Il participe à la création de la
Caisse régionale d'Ile-de-France dont il est le premier directeur ;
premier directeur général aussi de l’Office national du Crédit
agricole de 1921 à 1926 et de la Caisse nationale de Crédit agricole
de 1926 à 1937 ; premier président enfin de la Fédération nationale
du Crédit agricole de 1945 à 1961.
12 m2 à l’origine
L'Office débute dans un bureau de 12 m² au sein du ministère de l'Agriculture. La toute première commission plénière de l’ONCA s’y réunit le 7 avril 1921 pour élire les sept membres du premier conseil d’administration. Deux jours plus tard, Louis Tardy est officiellement nommé directeur général d’une organisation aux moyens pour le moins modestes. Les équipes s’étoffent et atteignent rapidement une quarantaine de personnes. Elles seront accueillies progressivement dans des bureaux qu'on leur prêtera : au Musée social et au 5, rue Las Cases, puis dans un local mansardé loué : 7 et 7 bis place du Palais-Bourbon.
Feuille d’émargement de la première réunion
du conseil d’administration de l’Office national
du Crédit agricole, le 7 avril 1921.
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Un premier prêt pour se lancer
À la fin de l’année 1921, Louis Tardy emprunte 687 400 francs auprès de la Caisse régionale d’Ile-de-France, ce qui lui permet de réunir les équipes en acquérant des locaux au 5 rue Casimir-Périer, à l’angle de la rue Las Cases et du square donnant sur l’église Sainte Clotilde. L’Office occupe d’abord les deux premiers étages de l’immeuble puis l’intégralité. En 1923, il faudra le faire surélever d’un étage. C’est le début de l’essor progressif de l’ONCA, devenu l’instrument de la politique de l’Etat vis-à-vis du monde agricole.
Le premier immeuble de l’Office national du Crédit agricole.
Acquis en 1921, l’immeuble 5 rue Casimir Périer continuera
à abriter le service de l’Inspection générale, jusqu’en 1965.
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Les années Las Cases
Soutenir l’expansion du réseau et lancer les bons à 5 ans
Le déploiement dans le 7e arrondissement (1926-1939)
En 1926, l’Office national du Crédit Agricole devient la Caisse nationale de Crédit Agricole (CNCA). À cette époque, elle emploie 72 fonctionnaires et les moyens alloués restent très modestes au regard de la tâche à accomplir.
Pour accompagner son développement, la Caisse nationale se déploie dans le 7e arrondissement, entre le square jouxtant l’église Sainte Clotilde et le 5 rue Casimir Périer :
- le 18 novembre 1927, le vicomte Arthus de la Panouse lui vend l’immeuble du 33 rue Saint-Dominique,
- le 8 août 1932, les comtesses Solange de Ganay et Jacqueline de Bonneval lui cèdent un autre immeuble situé 30 rue Las Cases,
- enfin, en 1939, la Caisse nationale parfait son implantation par l’acquisition du 2 rue Martignac situé entre ces deux adresses. Un étage est aménagé pour permettre le passage de l’une à l’autre.
Façade de l’immeuble du 30 rue Las Cases
Lettre de Louis Tardy à Madame de la Panouse du 8 décembre 1928.
Ce document illustre les aléas de l’installation de la Caisse
nationale de Crédit agricole dans les nouveaux locaux du 33 rue
Saint-Dominique.
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Malgré la guerre, le service continue
De la déclaration de guerre jusqu'à l'armistice de juin 1940, les équipes sont contraintes de quitter leurs locaux.
Sur les 211 agents que compte la CNCA, la moitié est mobilisée et l’encadrement réduit à neuf cadres supérieurs. Malgré cette situation difficile, les fonctionnaires assurent le service et poursuivent le développement des activités notamment en accompagnant la commercialisation des bons à 5 ans, autorisés par la loi du 31 janvier 1942.
Article 13 du décret du 28 novembre 1938
portant "sur l’organisation de la Nation pour le temps de guerre ".
Cet article est consacré au personnel non mobilisable.
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Etat du personnel masculin de la Caisse nationale
de Crédit agricole non mobilisable.
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Une amélioration d’un autre genre : l’abri anti bombes
Vers la fin de la guerre, la Caisse nationale fait construire un abri de défense passive sur deux niveaux : sous les cours des 33 rue saint Dominique et 30 rue Las Cases. Il permettait de protéger 200 personnes contre l’impact de bombes de 500 kilos.
Plans du premier sous-sol de l’abri de défense passive.
Masques à gaz de défense passive pour le personnel.
Des Caisses régionales solidaires
Lorsque le 3 septembre 1939 la guerre est déclarée, les locaux de la CNCA sont mis à la disposition du ministère du Ravitaillement. La Caisse régionale du Loir-et-Cher (devenue CR Val-de-France) propose d’accueillir la CNCA dans ses bureaux de Blois. Les événements se précipitent à nouveau en mai 1940, lors de l’offensive allemande. Le 11 juin, la CNCA se replie de Blois à Saintes dans le plus grand désordre pour s’installer dans les locaux de la Caisse régionale de Charente-Maritime.
Devant le nouveau siège de la Caisse régionale de Loir-et-Cher,
son directeur Louis-Joseph Philippe et son président Eugène Nivault (1er et 4e à partir de la gauche)
préparent le repli à Blois de la Caisse nationale avec ses responsables,
Fleury Coquard (3e) et Charles Désigauz (5e).
Affiche bon à 5 ans
Avec le bon à 5 ans, tout s’accélère
À la sortie de la guerre, ce produit d’épargne sans risque rencontre un très grand succès. C’est un véritable moteur pour le développement du Crédit agricole. À la même époque, la Caisse nationale croît lentement car son autorité de tutelle ne lui permet pas encore de recruter à un rythme approprié.
Le manque de fonctionnalité des anciens logements transformés en bureaux devient un véritable handicap au début des années cinquante. Les méthodes et outils de travail se modernisent, et les locaux ne sont manifestement plus adaptés. D’autant que les effectifs doublent entre 1955 et 1965 et dépassent les 600 fonctionnaires.
L’atelier de mécanographie qui déclenche tout
En 1953-1954, la Caisse nationale décide de s’équiper d’un atelier à cartes perforées. Il faut aménager la loge de concierge du 33 rue Saint Dominique et fermer la route d’entrée pour installer ce matériel volumineux. Cette situation et l’accroissement des effectifs poussent la Caisse nationale à envisager de nouvelles extensions.
Machine à calculer Original Odhner
utilisée dans les bureaux de la rue Las Cases.
Fabriquée en Suède vers 1955.
Perforatrice Bull P80 et cartes perforées
Cette machine de comptabilité est composée de la perforatrice manuelle des cartes perforées, de la tabulatrice (lisant les cartes et imprimant les résultats) et de la trieuse de cartes. Quoique rudimentaire, cette machine trouvait sa place dans tous les ateliers de mécanographie et même, plus tard, près des ordinateurs à lecteurs de cartes.
Fabriquée entre 1945 et 1965.
Passer la frontière du 7e arrondissement devient nécessaire
L’espace manque. La Caisse nationale installe le service de l’escompte rue Las Cases et l’agence comptable rue Casimir Périer. Bientôt cela ne suffit plus, la CNCA doit envisager de s’installer dans d’autres arrondissements.
Vers 1960, le service des Prêts emménage boulevard de la Gare dans le 13e arrondissement.
2 - L'aventure des deux pôles : Paris et SQY
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Pasteur : les moyens de préparer l'avenir
Un siège social pour réunir les équipes et passer à l'informatique
Pasteur : 8 ans pour s’installer
En 1958, la CNCA ne compte que 400 fonctionnaires. Mais André Cramois, directeur général, et Lucien Pompon, directeur général adjoint envisagent déjà de s’agrandir. Le projet est ambitieux : racheter les 14 000 m² du bloc 1, secteur 1 de Maine-Montparnasse. Le chantier ne s’ouvre qu’en 1961, pour se terminer à l’automne 1964. Les équipes emménagent progressivement entre la fin 1965 et le début 1966. En définitive, le siège social sera inauguré le 18 mai 1966, le lendemain de la présentation des résultats de l’année 1965.
André Cramois
Directeur général de la Caisse nationale de 1944 à 1963. Pendant dix-neuf ans il va
participer aux étapes clefs du développement du Crédit agricole.
Lucien Pompon
Nommé inspecteur général en 1960, puis contrôleur général en 1961,
il devient en 1964, à l'arrivée du nouveau directeur général, Jacques Mayoux,
le premier directeur général-adjoint de l'histoire de la CNCA.
Chantier de construction de l'immeuble de Pasteur en 1961. Début des fondations.
Immeuble Pasteur terminé en 1966, vue extérieure depuis le boulevard Pasteur
Inauguré sur un trait d’humour !
Nous sommes le 18 mai 1966, jour d’inauguration du nouveau siège de la CNCA, boulevard Pasteur. Les premiers visiteurs arrivent vers 17 h 30 : de magnifiques buffets les accueillent à différents étages. À 18 h 30, plus de 1000 personnes circulent entre le 15e et le 16e étage. L’inauguration doit avoir lieu en présence de M. Edgar Faure, ministre de l’Agriculture ainsi que d’Edgard Pisani, ministre de l’Équipement. Mais Edgar Faure se fait attendre. A 19 h nous apprenons qu’il a été retardé à Bruxelles. À 20 h, et avant que toute l’assemblée ne se soit dissipée, M. Edgard Pisani monte à la tribune avec M. le Président Driant et M. Mayoux, directeur général. À 20 h 45, quand Edgar Faure arrive enfin, la garde républicaine initialement prévue s’est transformée en une haie de charmantes hôtesses chargées de l’accueillir, ce qu’il souligne d’un trait d’humour. L’inauguration du nouveau siège de la Caisse nationale est officielle.
Jacques Mayoux et Paul Driant accueillent le ministre Edgar Faure
dans l’immeuble Pasteur lors de l’inauguration des nouveaux locaux.
Note d’information concernant la fermeture des
bureaux pendant deux jours, le mardi 17 mai et le
mercredi 18 mai 1966, à l’occasion de l’inauguration
du nouveau siège de la Caisse nationale de Crédit agricole.
Un "gratte-ciel" de béton et de verre pour accompagner l’essor de la CNCA
La conception du 91-93 boulevard Pasteur a été confiée aux architectes Beaudouin (maître d’œuvre), Cassan, Dubuisson, Lopez, Mathon, de Marien, Saubot et Vannerie, accompagnés de l’architecte attitré de la CNCA, le cabinet Genon de Montrouge. Le bâtiment devait répondre à trois objectifs principaux, soulignés par Jacques Mayoux dans son discours inaugural :
- regrouper les 700 agents de la CNCA jusqu’alors disséminés dans le 7e arrondissement et au-delà ;
- recevoir plus aisément les responsables des Caisses régionales ;
- favoriser l’installation de matériel électronique et informatique.
Le bâtiment a très rapidement séduit ses contemporains et notamment la presse qui soulignait volontiers l’esthétique de béton et de verre du "gratte-ciel" ultra moderne.
Extrait de l'article paru dans Le Monde du 19 mai 1966
Cliquez sur l'image pour lire l'article
Article du Figaro - 19 mai 1966
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Un campus avant-gardiste à Saint-Quentin
Accompagner l'accélération du développement du Crédit agricole
Dès 1970, la course aux mètres carrés reprend
Entre 1970 et 1980, les effectifs passent de 1200 à 3200 agents : les capacités de Pasteur et des sites alentours (notamment Fabert, Lecourbe et Vaugirard) deviennent rapidement insuffisantes. La CNCA est à l’affût de toutes les opportunités d’extension : "Super Montparnasse" (rue Georges Pitard) en 1972, la Tour Maine Montparnasse en 1973 pour installer UI et les filiales de leasing, "Cotentin" mis en service en 1974. Néanmoins, la croissance de la CNCA est extrêmement rapide et la question reste sensible.
Plan d’implantations des services de la CNCA et des filiales, début 1972
Photographie de l'immeuble "Cotentin" en 1974
Il faut sortir de Paris !
Les pouvoirs publics encouragent vivement le secteur bancaire à se décentraliser. La CNCA doit donc s’étendre en-dehors de Paris. C’est en novembre 1974, en collaboration avec la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR) que le site de Saint-Quentin-en-Yvelines est retenu. La CNCA acquiert 15 hectares à Guyancourt, dont 9,5 sont constructibles. Elle dispose ainsi d’une réserve foncière importante.
Le 12 octobre 1976, jacques Lallement, directeur général, donne le premier coup de pioche pour la création du nouveau pôle d’implantation de la CNCA.
Photographie du site de Saint-Quentin-en-Yvelines avant travaux
Bâtiment Champagne, vue de l'entrée principale
Les équipes pionnières de Saint-Quentin-en-Yvelines
En novembre 1978, les 150 premiers agents s’installent dans l’immeuble Champagne tout juste terminé : il s’agit surtout des Moyens généraux et d’une antenne de la direction du Personnel. Les services choisis pour s’y implanter jusqu’en juin 1979 avaient été sélectionnés car ils recevaient peu de visiteurs : la direction de l’Organisation et des Moyens généraux, la Comptabilité, le service Opérations avec l’étranger de la direction des Affaires internationales, le département Juridique et fiscal, le département des Etudes économiques et financières, etc. Dès mars 1979, commence la construction des bâtiments Aquitaine (équipements sociaux et sportifs) et Provence. Ils accueilleront fin 1983 une deuxième vague de salariés.
Photographies du chantier de Saint-Quentin-en-Yvelines et des jardins
Chantier de Saint-Quentin-en-Yvelines, "bâtiment Provence", 1983.
Un site novateur, dédié à la qualité de vie du personnel
La conception des bâtiments et l’aménagement du parc ont été confiés au cabinet Delb et au paysagiste, Daniel Collin, directeur de l’Ecole du paysage de Versailles. Le projet était fondé sur deux piliers : la modularité et l’intégration dans l’environnement. Les fonctions des bâtiments, les installations techniques et les espaces de travail étaient pensés pour évoluer dans le temps. L’ensemble constituait un véritable campus intégrant un large éventail de services - crèche, garderie, salles de sport, médiathèque… - symbole de l’attention portée au bien-être du personnel. À ce titre, le pôle de Saint-Quentin offrait une conception résolument avant-gardiste à une époque où la réflexion sur l’aménagement des immeubles de bureau débutait. Il servit d’ailleurs de référence à d’autres ensembles comme Challenger, le siège de Bouygues, ou encore Bercy, le vaisseau amiral du ministère de l’Industrie et des Finances.
Vue du bâtiment Provence et de la " bulle" depuis les jardins coté Aquitaine.
Plaquette réalisée par le Service Immeubles de la CNCA vers 1980.
3- De la mutualisation à Crédit Agricole S.A.
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La rénovation et l'extension de Pasteur
Des capacités renouvelées pour accompagner la prise d'indépendance du Groupe.
L’avènement d’un groupe uni et décentralisé
L'année 1988 marque une étape capitale de l’histoire du Crédit agricole : grâce à la loi de mutualisation, la CNCA quitte le giron de l’Etat et devient une société anonyme. Yves Barsalou, son président, a désormais les coudées franches pour déployer une culture de groupe uni et décentralisé exposée dans le projet stratégique présenté en octobre 1989. Ce projet de groupe se déclinera pour chacune des Caisses régionales et pour le "groupe central", CNCA et ses filiales. Ainsi, le plan d’action du groupe central fixé jusqu’en 1994 doit lui permettre de confirmer son rôle de moteur des développements du Crédit agricole en optimisant son organisation.
Yves Barsalou, président de la CNCA de 1979 à 1982 puis de 1988 à 2000.
C’est sous son deuxième mandat qu’a été rénové l’immeuble Pasteur, ceci afin de
moderniser les installations de la CNCA et de rassembler des équipes qui étaient
auparavant disséminées dans Paris. C’est également durant les années 1990 que le groupe a fortement accru ses effectifs et le nombre de ses implantations par le biais d’acquisitions externes (Indosuez, Sofinco).
Lucien Douroux, secrétaire général de la FNCA de 1982 à 1990
et directeur général de la CNCA de 1993 à 1999.
L'organisation bipolaire - Paris et Saint-Quentin a permis d’accompagner l’incroyable essor des années 70. Cependant, en 1990, il devient urgent de rationnaliser les implantations du groupe, notamment pour pallier la dispersion des collaborateurs sur la rive gauche parisienne et le manque de fonctionnalité de certains bureaux.
En 1990, si la CNCA était bien divisée en deux pôles géographiques, Paris et Saint-Quentin-en-Yvelines, les implantations parisiennes étaient disséminées en 14 lieux. C’était l’héritage du fort développement de l’institution durant les années 1970 et 1980. On notera que la CNCA était déjà présente à l’époque sur la commune de Montrouge.
Redimensionner et moderniser Pasteur
En 1995, cela fait déjà 30 ans que le Crédit agricole s’est installé boulevard Pasteur et l’immeuble n’a connu que des réaménagements limités. Or le quartier s’est entièrement transformé : création de la gare Montparnasse 2, de la place de Catalogne, du jardin Atlantique, rénovation de l’immeuble voisin de la MGEN et du square Max Hymans. Il faut donc "imaginer Pasteur" dans ce nouvel ensemble tout en dotant la CNCA de nouvelles capacités.
Lors de sa rénovation, le site de Pasteur 1 a été totalement vidé et dépouillé de ses éléments de décoration précédents. Le mot « Imaginez » apposé sur la bâche rappelle les campagnes publicitaires de l’époque qui utilisaient la chanson Imagine de John Lennon.
L’entrée de Pasteur 1 après la rénovation du bâtiment.
Cette image a souvent servi à représenter la banque dans les publications sur le groupe.
Les travaux permettent d’apporter plus de confort et de nouvelles installations technologiques. Le Groupe acquiert également des locaux square Max Hymans afin de regrouper le maximum de services et filiales. À terme, le site comptera deux immeubles et 3 blocs : Pasteur 1, 2 et 3.
2 ans de travaux pour doubler les capacités sans perturber l’activité
L'équipe chargée de coordonner les travaux d’avril 1995 à janvier 1997 a relevé avec succès un triple défi : doubler les capacités d’accueil (de 17 000 m² à plus de 30 000 m²), améliorer le confort des collaborateurs, sans interrompre l’activité de l’entreprise. L’aménagement final permet de tirer le meilleur parti de la conception verticale des immeubles : les directions et services occupent les "étages courants" - du 1er au 14e étage – tandis que l’accueil des invités, les réceptions et réunions se font dans les "étages spécifiques" - du 15e au 17e étage.
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Vingt ans de diversification et d'expansion à l'international
Développer notre expertise dans tous les métiers de la banque
- 1988 : La loi de mutualisation transforme la CNCA en société anonyme. L’État cède son capital aux Caisses régionales et au personnel. 1990: Le groupe crée Pacifica, sa filiale d’assurances dommages.
- 1991 : Le Crédit Agricole peut financer les grandes entreprises.
- 1995-1997 : Le site Pasteur fait l’objet d’un nouveau projet de rénovation et d’agrandissement.
- 1996 : La CNCA acquiert la Banque Indosuez.
- 1997 : Naissance de Crédit Agricole Indosuez.
- 1999 : La CNCA entre dans le capital du Crédit Lyonnais et rachète Sofinco.
- 2001: Le Crédit Agricole entre en Bourse. 2003: Crédit Agricole S.A. et le Crédit Lyonnais se rapprochent. Crédit Agricole S.A. rachète Finaref. 2004: Naissance de Calyon, qui deviendra Crédit Agricole CIB.
- 2005 : Le Crédit Lyonnais devient LCL.
- 2008-2011 : LCL installe son siège central à Villejuif.
- 2010 : Le Crédit Agricole crée Amundi avec la Société Générale, une société de gestion d’actifs.
- 2010-2011 : Les équipes de Crédit Agricole S.A. emménagent sur le site d’Evergreen à Montrouge.
Siège social de la Banque Indosuez en 1982, sur le boulevard Haussmann.
Siège social de Crédit Agricole Indosuez,
quai du Président Paul Doumer à Courbevoie.
Ancien siège central du Crédit Lyonnais
sur le boulevard des Italiens.
Cette verrière a été reconstruite après l’incendie du bâtiment en 1996.
Siège social du Crédit Lyonnais à Lyon,
rue de la République
4 - L'installation à Evergreen
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Evergreen, un campus nouvelle génération
Une histoire de mutations réussies
- Une nouvelle façon de travailler ensemble
Nouvel environnement technologique, nouveau rapport au travail : le monde évolue, les modes collaboratifs sont à réinventer. « Dans la période récente, deux facteurs ont profondément changé la vie en entreprise : les nouvelles technologies et le rapport au travail. Ces évolutions nous conduisent à inventer une nouvelle façon de travailler ensemble, caractérisée par plus de collaboratif, d'échanges, de proximité, de transversalité, de créativité... et, à l'inverse, moins de verticalité, de territoires réservés, dans un espace différent et décloisonné. » commente Jean-Paul Chifflet, Directeur général de Crédit Agricole S.A.
Evergreen est un ainsi un lieu différent, où se met en place un nouveau modèle. A coup sûr, une dynamique nouvelle porteuse de croissance. « Notre réussite se mesurera par un bien-être accru au travail, par davantage d'esprit collaboratif, d'originalité et d'audace. » conclut Pierre Deheunynck, Responsable du projet Evergreen et Directeur des Ressources humaines groupe Crédit Agricole S.A
- Pourquoi un campus ?
Un campus est un lieu de vie qui mêle des espaces verts et une combinaison de bâtiments à taille humaine, aux circulations internes facilitées. Imaginé pour l'enseignement supérieur, ce modèle d'efficacité relationnelle a été adopté par le monde de l’entreprise. Evergreen sera un éco-campus, capitalisant sur les racines historiques du Groupe.
- L’incarnation d’un nouveau modèle
Evergreen a pour ambition d’incarner l’image d’une entreprise responsable, soucieuse de ses clients et de celles et ceux qui y travaillent, respectueuse de l’environnement, ancrée dans la vie locale. Les aménagements des espaces et les constructions à venir de ce futur campus s'inscrivent dans la stratégie de développement durable du Groupe
- Une source d’économies durables
Ce projet incarne la politique d'optimisation des coûts de fonctionnement du Groupe : économies de loyers, baisse des charges, gains de productivité, etc. Evergreen est également moins consommateur en énergie, en eau, en matières premières (papier notamment).
- Un site d’exception
Rares sont les sites d'activité de cette ampleur implantés en centre-ville, en toute proximité de Paris. Evergreen est un site de caractère, au parc paysager exceptionnel. Il est pourtant parfaitement intégré aux tissus urbain et économique de Montrouge. A deux pas du campus se trouve un centre-ville ancien et actif aux portes de Paris.
- Les lauréats du concours d'architectes pour Eole et Silvae
Arte Charpentier Architectes et Jean-Jacques Ory sont les lauréats des concours d’architecture lancés par Crédit Agricole S.A. et Crédit Agricole Immobilier pour la réalisation des deux nouveaux bâtiments sur le campus.
Les immeubles Eole et Silvae sont destinés à accueillir les équipes de Crédit Agricole Corporate & Investment Banking, CA Cheuvreux, Crédit Agricole Capital Investissement et Finance et Crédit Agricole Private Equity.
Arte Charpentier Architectes est lauréat pour le bâtiment Eole développant 70 000 m2 et Jean-Jacques ORY pour le bâtiment Silvae de 26 000 m2. La construction de ces deux nouveaux bâtiments débutera en 2012 pour des premiers emménagements programmés en 2014.
Lors de ce concours, le groupe a notamment été attentif à l’intégration urbaine et à la performance environnementale des bâtiments.
Silvae
Le projet du Studio d’Architecture ORY pour Silvae propose un geste architectural fort pour marquer l’entrée du bâtiment avec un atrium en verre toute hauteur, et a été notamment retenu pour son insertion dans la ville de Montrouge et sa cohérence avec le campus. « Ce qui nous a guidé, précise Jean-Jacques ORY, c’est la recherche de l’harmonie entre l'environnement, le bâti existant et l’humain pour trouver la meilleure intégration entre l’intérieur-extérieur, le végétal et le minéral et ainsi créer des conditions de confort et de sérénité pour les futurs occupants ».
Fiche d'identité de Silvae :
- Surface : 26 000 m²
- Equipements :
- Bureaux de qualité
- Restaurant d'entreprise Campus
- Parking
Eole
L’optimisation des surfaces et la salle de marché sur deux niveaux offrant un maximum de confort et de lumière naturelle proposé dans le projet d’Arte Charpentier Architectes pour la construction d’Eole ont particulièrement convaincu la Direction générale de Crédit Agricole S.A. « Dans ce projet, la construction fait le lien entre l’homme et le paysage pour créer une qualité des espaces de travail et une mise en scène architecturale du cheminement des utilisateurs. » souligne l’architecte.
Fiche d'identité d'Eole :
- Surface : 70 000 m²
- Equipements :
- Futur pavillon d’accueil du campus (situé Place des Etats-Unis)
- Bureaux de qualité
- Salle de marché
- Accueil grande clientèle
- Auditorium
- Restaurant d'entreprise Campus
- Parking
Chiffres-clés du campus
- 155 000m2 de bureaux en 2015
- 9 400 collaborateurs réunis
- 7 entités concernées
- 8 hectares soit 3% de la surface de Montrouge
- 50% de jardins
- Plus de 90 espèces végétales différent
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Devenir leader en Europe de la banque universelle de proximité
Un éco-campus pour réunir les équipes et déployer les synergies
Evergreen et Crédit Agricole : des valeurs communes
Le groupe n’a cessé de croitre à un rythme élevé. En se regroupant de nouveau aujourd’hui, l’objectif est d’intensifier les synergies, développer le « jouer groupe » pour « Devenir leader en Europe de la banque universelle de proximité ». Cela implique de renforcer nos valeurs pour apporter la preuve de notre différence et nous développer de façon responsable sur les plans économique, écologique et social.
Dans ce contexte, Evergreen est bien plus qu’un déménagement !
L’histoire de ce site est rythmée par les mutations économiques, les innovations technologiques, et guidée par la nécessité de conserver un temps d’avance sur son époque. Devenu un véritable éco-campus, il offre un cadre de travail écologique et convivial, pleinement intégré à un territoire dynamique
9000 collaborateurs attendus d’ici 2014
Aujourd’hui Evergreen accueille les équipes de Crédit Agricole S.A. et Immobilier soit 2500 personnes. D’ici 3 ans, 5 autres filiales nous rejoindront : Crédit Agricole Leasing & Factoring au 4ème trismestre 2012, Crédit Agricole Corporate & Investment Banking, CA Cheuvreux, Crédit Agricole Capital Investissement et Finance, Crédit Agricole Private Equity en 2014 et 2015.